social

Publié le 25/08/2018

La Mutualité sociale agricole d’Alsace était présente pour la première fois à la foire aux vins de Colmar. L’objectif était de « rencontrer nos adhérents, et en particulier les viticulteurs employeurs de main-d’œuvre, pour les accompagner dans leurs démarches », a indiqué le président de la MSA d’Alsace, David Herrscher. Le conseil d’administration a profité de l’occasion pour réunir un groupe de délégués et leur présenter le projet stratégique MSA 2025.

« Susciter le débat, faire émerger des suggestions pour apporter notre pierre à l’édifice au niveau national, tel est le but de cette soirée », annonce David Herrscher, avant de présenter les principaux axes du plan stratégique MSA 2025. Un plan qui doit permettre à la MSA de « mieux répondre aux attentes de nos adhérents et de nos partenaires ». La MSA d’Alsace va travailler sur ce plan stratégique avec son conseil d’administration, l’équipe de direction et les partenaires pour mettre en commun expériences, innovations et propositions. « Nous partagerons nos propositions avec les MSA de l’Est pour établir une contribution commune qui aura du poids au niveau national. » Ces contributions seront envoyées à la Caisse Centrale de MSA au plus tard le 15 novembre, pour une validation et une mise en œuvre du plan stratégique en 2019. L’un des objectifs de ce plan est de moderniser le service rendu aux adhérents et de maintenir sa qualité. Comment gagner en réactivité ? Comment conserver le lien de proximité à l’heure de la digitalisation et du numérique ? Autant de questions auxquelles il faudra apporter des réponses. « Nous avons une force en Alsace, nos bureaux décentralisés », ajoute Christelle Jamot, directrice de la MSA d’Alsace. Promouvoir la place de la MSA dans la protection sociale de demain est un élément vital, car la pérennité du régime agricole en dépend. « Emmanuel Macron veut faire disparaître les corps intermédiaires. À nous de montrer que nous pouvons proposer une alternative viable », insiste David Herrscher. Mais l’enjeu primordial est, aux yeux du président, d’investir plus fortement les territoires ruraux. « Lors de l’inauguration de la foire aux vins de Colmar, le président du Sénat, Gérard Larcher, a dénoncé la montée du populisme. Nous lui avons expliqué que nous pouvons contribuer à lutter contre ce phénomène. Nous voulons être offensifs, être force de proposition. » Dernier objectif, mettre en œuvre de nouvelles activités. Le président a cité l’exemple du cinquième risque, celui de la dépendance. « La MSA peut être un acteur sur ce sujet. » « Nos adhérents sont attachés à leur MSA » Comment les adhérents perçoivent-ils leur régime de protection sociale ? Tous les deux ans, la Caisse centrale de MSA interroge un panel d’adhérents pour établir des statistiques. Le travail des élus - une spécificité du régime agricole -, les actions déployées par les Caisses et le guichet unique sont bien perçus. « La MSA est un régime social professionnel de sécurité sociale, contrairement au régime général, donc elle connaît mieux ses adhérents et leurs besoins, de leur naissance à leur retraite. Nos adhérents sont majoritairement attachés à leur MSA et trouvent sa présence légitime pour intervenir sur les territoires ruraux », souligne le président. Pour autant, des pistes d’amélioration existent. Ils attendent des avancées sur la qualité du service rendu : joignabilité, délai de traitement, et davantage de conseils et d’accompagnement sur leurs droits sociaux, sur les obligations des petits employeurs. La MSA, ce sont 35 Caisses régionales, liées par une convention d’objectifs et de gestion signée avec l’État, dans un contexte de réduction drastique des moyens financiers. « La MSA d’Alsace doit diminuer ses effectifs de cinq ETP (équivalent temps plein) par an, soit 25 salariés en cinq ans, alors que de nouvelles missions nous sont confiées. » Une des pistes envisagées est de faire progresser le nombre d’adhérents. Par exemple, en ouvrant les affiliations à d’autres entreprises, comme le négoce des céréales. Mais il est difficile, dans les conditions actuelles, de faire basculer des entreprises du régime général vers le régime agricole. « Nous continuerons aussi à agir auprès de nos partenaires, comme la Carsat, les autres organismes de protection sociale, les collectivités locales. » Pour réussir son plan stratégique, la MSA veut s’appuyer sur trois forces. Son organisation exemplaire : « Le modèle MSA est unique dans le paysage et la sécurité sociale française, avec son guichet unique et ses 20 000 élus de terrain. La nouvelle organisation territoriale va impliquer une redéfinition des cantons et une réduction du nombre de délégués aux prochaines élections », a annoncé le président. Ses 16 000 collaborateurs, « investis et adaptables » comme ils l’ont parfaitement démontré ces derniers mois. Son savoir-faire - connaissance du milieu agricole, capacité d’innovation, offres sur les territoires pour les maisons de retraite, les crèches, etc. Quels services faut-il développer pour les populations agricoles ? La MSA a dégagé cinq axes de travail. Le premier étant de développer les services pour les populations agricoles, les territoires ruraux, les partenaires. Sur ce sujet, les idées fusent : accompagner les employeurs dans l’application du droit du travail, orienter la main-d’œuvre vers les filières agricoles qui recrutent, renforcer la prévention et la préservation de la santé des salariés, améliorer la gestion de la complémentaire santé, renforcer le lien entre la MSA et la complémentaire retraite (Cicas). « Le projet de réforme Delevoye prévoit un opérateur unique sécurité sociale-complémentaire retraite », annonce David Herrscher. D’autres suggestions sont faites : accompagner les seniors dans l’apprentissage des technologies numériques, mettre en place un suivi social pour les salariés des entreprises en difficulté, etc. David Herrscher va plus loin : « Nous étudions la possibilité de gérer des activités administratives, pour vous permettre de vous concentrer sur votre cœur de métier ». Concernant l’action sur les territoires ruraux, les délégués estiment qu’il faut intensifier les services aux jeunes actifs pour maintenir une population dynamique dans ces territoires. Apporter plus de services aux aînés. Prendre en compte les besoins spécifiques des « familles sandwichs », qui éduquent encore leurs enfants mais doivent déjà s’occuper de leurs parents vieillissants. Concernant l’axe 2, entretenir une relation de service humaine, performante et proactive, Christelle Jamot interpelle les délégués : « Quels sont vos modes de contact préférés ? Souhaitez-vous que la MSA vienne dans votre entreprise pour informer les salariés sur leurs droits et les services qu’ils peuvent attendre de la MSA ? » Booster le rôle des élus de la MSA constitue l’axe 3. « Dans votre expérience de délégué, quelle a été votre plus grande réussite ? Appréciez-vous la formation délivrée aux délégués ? Souhaitez-vous poursuivre votre engagement ? » Car il faut préparer les élections MSA, prévues en 2020… Sur l’axe 4, gagner en performance pour développer de nouvelles activités et proposer un meilleur service, les dirigeants de la MSA s’interrogent : sur quelles compétences les équipes peuvent-elles progresser ? Comment gagner de nouveaux adhérents ? Pour David Herrscher, il convient de se rapprocher de Coop de France pour sensibiliser les coopératives : « Lorsqu’elles créent des filiales, elles doivent rédiger les statuts de façon à prévoir une affiliation à la MSA ». Le dernier axe consiste à associer les équipes à la mise en œuvre de ces orientations. Dans les prochaines semaines, ce plan stratégique MSA 2025 sera présenté à l’ensemble des organisations professionnelles, indique David Herrscher.

Mutualité sociale agricole d’Alsace

Des équipes performantes au service des adhérents

Publié le 30/01/2018

La Mutualité sociale agricole d’Alsace a présenté ses vœux à son personnel vendredi 19 janvier à Horbourg-Wihr. L’occasion pour le président, David Herrscher, et la directrice, Christelle Jamot, de rappeler les orientations et les politiques en cours à mi-mandat.

Le cadre n’a pas été choisi au hasard. Il se voulait convivial et feutré. L’hôtel Europe a donc accueilli 250 salariés de la Mutualité sociale agricole (MSA). Des salariés tout d’abord invités à déguster les mets et les vins présentés sous forme de buffet. Puis est venu le moment, plus solennel, de l’échange avec Christelle Jamot et David Herrscher. Après la projection d’une vidéo sur les activités annuelles de la MSA, les deux responsables ont répondu aux questions d’une animatrice. « Ce rendez-vous est l’occasion de rappeler notre action au quotidien concernant les familles, la santé, les cotisations et les retraites. Nous avons une mission de service public. Nous sommes là pour répondre rapidement, efficacement et de façon cadrée. Quand un de nos adhérents contacte la MSA, il doit avoir une réponse à ses interrogations quand il raccroche le téléphone ou quand il quitte nos bureaux », explique David Herrscher. « Cette vidéo met nos actions en lumière. Il s’agit souvent d’un travail peu visible et pourtant énorme. Ce travail, c’est celui de vous, toutes et tous, salarié(e)s de la MSA. Vous avez de nombreuses compétences. Elles sont diversifiées. Et c’est ce qui fait notre richesse, notre esprit de coopération, notre complémentarité. Continuons ainsi. Ne montons pas de murs entre les services. Au contraire, privilégions le dialogue », insiste, pour sa part, Christelle Jamot. Évolution du métier Un travail d’autant plus important qu’à l’heure de la réforme des collectivités, les territoires ruraux les plus reculés se sentent oubliés et/ou abandonnés. Bien souvent, la MSA est désormais le seul interlocuteur des populations locales. « La conséquence, parfois, se retrouve dans les isoloirs avec le vote extrême », estime David Herrscher. « Nous avons des zones de fragilité. C’est pourquoi il est primordial que nous donnions des réponses claires et rapides à nos interlocuteurs. Nos adhérents doivent être satisfaits du service qu’on leur rend, de l’accueil qu’on leur réserve, notamment au téléphone. C’est cela qui garantit la pérennité de la MSA, et donc de nos emplois », précise Christelle Jamot. Dans ces conditions, que peut-on attendre de 2018 ? De se baser sur le mieux de 2017 ? Avec des prix du lait, de la viande, du porc à la hausse. « J’ai une pensée pour les viticulteurs touchés par le gel en avril, puis par la grêle. Mais également pour les arboriculteurs, dont certains ont tout perdu. La MSA était au rendez-vous pour trouver des solutions avec des budgets conséquents », constate David Herrscher. Avec Christelle Jamot, le président est également revenu sur l’évolution de la MSA, qui mutualise ses services depuis quelques mois. « 40 % de nos salariés ont déjà changé de métier en interne. Cette évolution va se poursuivre. Elle se fera dans le respect de tous les salariés envers qui nous devons être à l’écoute », assure David Herrscher. La première vague de mutualisation s’est réalisée avec la formation des équipes. Une seconde va arriver. Elle doit être acceptée par toutes et tous. « Soyons 250 à construire des moulins plutôt que des murailles. Adaptons-nous. Ne cédez pas aux rumeurs, mais posez-vous les bonnes questions. Oui, avançons collectivement », ajoute Christelle Jamot. Un outil informatique performant Enfin, David Herrscher rappelle que l’équipe dirigeante arrive à mi-mandat après trois années de travail. « Je suis serein pour la MSA. Il faut continuer à être compétitif et réactif. Merci pour votre écoute, votre patience, le travail effectué. Continuons à occuper le terrain. » L’occasion pour lui de donner rendez-vous à l’assemblée générale de 2018, qui se déroulera en présence du premier vice-président de la Caisse centrale, et aura pour thème l’animation des territoires. « Nous présenterons le bilan de mi-mandat, qui est déjà très satisfaisant. À nous désormais d’être encore plus proches, et notamment des plus jeunes. Que ce soit les salariés et les exploitants. Je formule le vœu que, lors des prochaines élections, nous puissions avoir des délégués jeunes, dynamiques, engagés. C’est toute la philosophie du plan stratégique national 2018-2028 », conclut-il. Avant d’être chaudement applaudi lorsqu’il évoque la nécessité pour la MSA d’avoir un outil informatique performant et calibré au bon niveau. L’après-midi a été consacrée à un jeu de rôles ludique qui a permis aux membres du personnel de resserrer les liens entre eux.

Employeurs de main-d’œuvre agricole

Pour une convention collective « basse »

Publié le 28/02/2017

D’ici cinq ans, la profession agricole et viticole devra s’organiser pour créer une convention collective nationale pour ses salariés. Un changement « majeur » que la FNSEA entend suivre de très près afin de permettre aux entreprises et territoires de conserver le maximum de marges de manœuvre.

C’est un refrain qui revient souvent : les entrepreneurs français déplorent le « manque de visibilité » à long terme dont ils disposent pour gérer leurs activités. D’un côté, des responsables politiques qui mettent en place des dispositifs réglementaires et législatifs censés « faciliter la vie des entreprises », de l’autre, des employeurs qui, pour beaucoup, voient leur quotidien se complexifier davantage. Comme le souligne justement le président de la commission Sociale et Emploi à l’Ava, Stéphane Chaise, être employeur est « de plus en plus difficile et compliqué avec toutes les choses qui changent ». Et ce n’est pas la récente loi El-Khomri qui va simplifier la donne pour le monde agricole. « Nous avons désormais cinq ans pour mettre en place une convention collective nationale. Cela vient percuter notre organisation actuelle qui est articulée autour des FDSEA », explique Morgan Oyaux, sous-directeur emploi à la FNSEA. Conserver les « spécificités locales » Le salariat agricole est aujourd’hui régi par pas moins de 140 conventions collectives sur le territoire national, toutes gérées par les FDSEA. Et même si elles sont globalement assez « homogènes » les unes par rapport aux autres, elles restent trop nombreuses aux yeux des responsables politiques. « Il est vrai que 140 conventions collectives, c’est beaucoup et pas très raisonnable. Pour autant, nous souhaitons que les entreprises et les territoires conservent des marges de manœuvre. On ne peut par exemple pas demander à un berger d’avoir les mêmes conditions de convention qu’un salarié dans une exploitation horticole. C’est pour cela qu’à la FNSEA nous voulons une convention collective basse, divisée en six interbranches agricoles, avec des déclinaisons territoriales possibles », précise Morgan Oyaux. Ainsi, les spécificités du droit local Alsace-Moselle seront maintenues selon lui. « Ce n’est pas un problème. Ce que le juge va regarder, ce sont les avantages conventionnels comme la journée de l’employeur », tient-il à rassurer. À l’Ava, Simone Kieffer reste un peu plus sceptique face à cette évolution. « Nos spécificités locales, au niveau national, j’ai bien peur qu’elles ne soient pas bien comprises. L’Alsace, ce n’est pas la Champagne. Chez nous, les vendanges durent d’un à deux mois, quand elles durent en moyenne quinze jours là-bas. » Sur ce sujet, comme sur d’autres, des discussions - et des compromis - seront incontournables comme le rappelle le président de la commission Emploi à la FRSEA d’Alsace, Joseph Lechner. « Oui on doit résister. Mais d’un autre côté, la loi dit quelque chose et nous devons l’appliquer. Au début, on pensait se réorganiser au niveau de la grande région, et finalement cela ne sera pas le cas. Nous devrons faire avec une base commune avec le reste du pays. Par contre, il y a des volets sur lesquels nous avons des choses à faire comme les conditions de travail, l’attractivité de nos métiers ou la fidélisation de nos salariés. C’est à nous de créer une histoire ».  

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