Assemblées de section d’Élitest
Abaisser le coût de la génétique
Assemblées de section d’Élitest
Publié le 15/11/2016
La coopérative d’insémination Élitest actionne tous les leviers pour proposer des offres performantes, tant au niveau de la génétique que des services. Consciente des difficultés que traversent les éleveurs, elle a décidé, cette année encore, de leur reverser l’ensemble du résultat réalisé sous forme de mises en place gratuites ou de réductions, pour abaisser le coût de la génétique.
Avec le mois de novembre, voici revenu le temps des assemblées de section d’Élitest, avant l’assemblée générale qui se déroulera le 15 décembre à Metz. À Mittelhausen, la semaine dernière, Philippe Richert, administrateur d’Élitest, a ouvert celle de la section Alsace Nord. Il a rappelé la conjoncture particulièrement difficile que traversent les éleveurs bovins, qu’ils produisent de la viande ou du lait. « 2015 était une mauvaise année, 2016 est encore pire ! » Du coup, la coopérative d’insémination a décidé de renouveler l’opération de redistribution des résultats, sous forme de doses gratuites, qu’elle avait engagée l’an dernier, a-t-il annoncé. « De même, nous avons décidé de soutenir le dynamisme des Éleveurs Partenaires. » Élitest compte 4 702 adhérents en 2016, un chiffre en baisse de 15 % depuis 2010. Dans l’intervalle, la taille moyenne des exploitations est passée de 42 à 50 vaches. La coopérative a pratiqué 237 424 inséminations artificielles premières (IAP), une hausse imputable en partie à l’adhésion de nouveaux éleveurs haut-marnais. La bonne tenue de l’activité d’Élitest vient des exploitations les plus importantes : elles sont 579 à pratiquer plus de 100 IAP par an. Elles représentent 12 % des adhérents et réalisent un tiers de l’activité de la coopérative, avec une hausse de près de 80 % en six ans. L’activité est particulièrement soutenue en Alsace, avec 53 528 IAP. « La progression est constante depuis trois ans. Une forte dynamique laitière a impulsé cette croissance. Il faut y voir l’effet Alsace Lait », a expliqué Luc Voidey, directeur technique. Les génisses laitières représentent l’essentiel des inséminations, avec 240 000 IAP, soit une progression de 8 000 IAP en six ans. Une progression que l’on retrouve aussi chez les femelles allaitantes : + 3,2 %. Sans surprise, la race prim’holstein prédomine chez les taureaux utilisés pour l’insémination : avec 152 000 IAP, elle représente 64 % des IAP de la coopérative, 77 % du cheptel laitier. Mais certaines races ont le vent en poupe, comme la simmental - la croissance de 22 % est là aussi imputable aux nouveaux adhérents haut-marnais -, mais aussi la brune (+ 70 %), la jersiaise (+ 102 %) et la rouge danoise. En races allaitantes, c’est la charolaise qui domine : elle représente 24 863 IAP, soit 10,5 % des IAP de la coopérative, suivie de la limousine. Mais certaines races connaissent un véritable engouement, comme la blanc bleu (+ 155 %, 3 444 IAP), l’aubrac (91 %) et la rouge des prés (+ 57 %). À noter aussi l’utilisation de doses angus sur les vosgiennes. « La percée de ces races entraîne une plus large complexité de l’offre Élitest. » Par ailleurs, 48 917 inséminations porcines ont été réalisées. Les doses sexées connaissent un engouement croissant. « Tous les mois, la vente de doses sexées est en progression. Nous en sommes aujourd’hui à 29 867. » Bonne nouvelle, la fécondance de ces doses s’améliore sensiblement. Autre élément marquant, l’étalement de l’activité d’insémination : le nombre d’inséminations réalisées de juillet à octobre a tendance à augmenter, ce qui permet d’écrêter le pic traditionnellement observé de novembre à janvier. 113 471 échographies et 37 187 palpers ont été effectués. Nombre d’entre elles ont concerné les 17 728 animaux en suivi reproduction, issus de 187 élevages. « Nous avons formé 37 inséminateurs pour assurer le suivi reproduction. Cette activité va monter en puissance, l’objectif étant d’arriver rapidement à 200 élevages suivis. » Génotypage : de nouvelles avancées « Le génotypage arrive de manière importante », a déclaré le directeur général, Philippe Sibille. En race prim’holstein, 2 247 génisses ont été génotypées lors de la dernière campagne. En montbéliarde, l’activité a été multipliée par deux, avec 1 056 génotypages. Et pour la première campagne en race charolaise, 464 mâles ont été génotypés. « En monte naturelle, il est intéressant de génotyper tous les taureaux avant de les commercialiser. » Autre intérêt, cela permet de détecter les gènes létaux, comme l’ataxie progressive (paralysie du train arrière), la DEA (veaux sans poil et sans dent, cas rares) et le Blind (perte progressive de la vision), mais aussi de détecter le gène MH (gène culard). Le plan sanitaire d’élevage a démarré à l’automne dernier. 44 inséminateurs ont été formés pour la pose d’implants (Crestar) ou de spirales intravaginales (PRID). 124 élevages sont désormais agréés dans la zone Élitest, dont 34 en Alsace. 959 dispositifs ont été posés depuis juillet 2015, le but étant d’induire et de synchroniser les chaleurs des femelles en repos. Philippe Sibille a annoncé la reconversion de la taurellerie d’Épinal en station de donneuses multiraces, une reconversion achevée fin août. Cette station accueille les génisses à l’âge de 6 mois pour une durée d’un an, à raison de quatre collectes par donneuse. Les génisses sont ensuite rendues pleines à l’éleveur à l’âge de 2 ans. 51 génisses étaient en station début novembre pour une collecte de 582 embryons, dont 353 embryons viables. Par ailleurs, 1 038 embryons ont été collectés en ferme, dont 501 embryons viables. Les taureaux stationnés précédemment à Épinal ont été rapatriés sur le site de Brumath, qui est désormais le pôle mâle, spécialisé dans la production de semences bovines (en race prim’holstein, vosgienne, simmental et charolais) et porcines. Le directeur a annoncé en outre que les bureaux d’Épinal ont fait l’objet d’un agrandissement et que la convention d’entreprise a été finalisée. Des perspectives d’avenir Le chiffre d’affaires de la coopérative recule de 7 %, du fait des mises en place gratuites attribuées aux éleveurs suite à la décision prise lors de l’assemblée générale de l’an dernier. De ce fait, le coût de l’insémination par vache est en baisse : la mise en place s’élève à 25,84 €, la génétique à 24,73 €, soit un coût total de 50,57 %, en baisse de 5 %. Une manière, pour la coopérative, de soutenir les éleveurs en crise. « Cette année encore, nous avons décidé de redistribuer la totalité du résultat sous forme de mises en place gratuites, ce qui correspond à 16 650 mises en place. Chaque éleveur a reçu un courrier pour l’informer du nombre d’inséminations gratuites dont il bénéficie. Par ailleurs, une remise de 3,5 % est accordée aux éleveurs qui font leurs mises en place eux-mêmes. Les éleveurs porcins bénéficient eux aussi d’une réduction, a annoncé Damien Tiha, président d’Élitest. Il est du devoir d’une coopérative comme la nôtre de venir en aide aux éleveurs. » Cette décision impactera à nouveau le chiffre d’affaires de la coopérative, qui devrait baisser de 8 % pour la campagne en cours. Par ailleurs, Élitest a décidé de ne pas augmenter les tarifs des mises en place et de la génétique. Des remises fidélité et des primes de testage seront également accordées en simmental, vosgienne et charolaise, ce qui fait une baisse du coût de la génétique de 17 %. « Notre objectif, pour cette année, est de garder le cap dans un contexte perturbé, d’être encore plus compétents et de vous apporter des réponses concrètes, en veillant au rapport qualité-prix des offres de notre catalogue », a poursuivi Damien Tiha. La coopérative continuera à proposer à ses adhérents une offre segmentée, avec une gamme conventionnelle et sexée, et mettra à leur disposition de nouvelles offres, notamment en matière de génotypage. En effet, la sortie de nouveaux index permet désormais de sélectionner les animaux sur des critères « santé », comme l’acétonémie et la santé du pied.












