À Huttenheim, Sébastien Baur élève un troupeau de six juments de trait poitevines. Une race qu’il a choisie par passion. Dimanche 29 juillet, il organise un concours de modèles et allures au plan d’eau de Huttenheim. L’occasion de découvrir cette race menacée d’extinction.
Sébastien Baur a une passion : le cheval de trait poitevin. Si bien qu’il place cette race au cœur de son projet de reprise de l’exploitation familiale. Son ambition ? Créer un atelier d’élevage de chevaux de trait poitevins. D’abord pour produire des poulains et les vendre à 6 mois, après le sevrage. Dans un second temps, il souhaite développer la production de lait de jument. Mais il lui faut d’abord trouver un débouché. Avec 50 ha de SAU et 11 ha d’herbe, ce n’est pas la surface qui manque pour mener à bien ce projet, mais bien le débouché. Car Sébastien Baur a une âme d’éleveur, de producteur, pas de transformateur, et il ne se voit pas transformer le lait lui-même. « Je cherche un débouché pour vendre le lait de mes juments. L’évolution de la taille du troupeau sera fonction de ce débouché », indique-t-il. Pour l’instant Sébastien Baur élèves six juments, qu’il a achetées auprès d’autres éleveurs situés dans le berceau de la race du côté de La Rochelle, La Roche sur Yon… Avec quelques difficultés, notamment liées à la fertilité, et à la fragilité des poulains jusqu’à un âge avancé. Vacher depuis dix ans, Sébastien Baur est bien placé pour savoir que la production de lait de vache et de jument, c’est le jour et la nuit. Les mamelles de ces dernières ont en effet une capacité à stocker le lait bien inférieure. Résultat, elles doivent être traites toutes les deux heures. Et leur poulain doit être à proximité pour que l’éjection du lait se fasse. « Par contre, note Sébastien Baur, si un jour on n’a pas la possibilité de traire, il suffit de laisser la jument avec son poulain. » Et le tour est joué.
Un patrimoine génétique à sauvegarder
Au-delà de la production, l’autre objectif de Sébastien Baur, c’est de maintenir un patrimoine génétique. C’est pourquoi il participe à une opération de sauvegarde qui passe par la congélation d’embryons. Il est également membre de l’association des races mulassières du Poitou. C’est par ce truchement que ses juments ont été fécondées par Pepito, un étalon que l’association lui prête pour 450 €/an, plus les frais d’entretien. Cette année, Pepito a bien travaillé : toutes les juments sont pleines. Mais, pour éviter la consanguinité, il va falloir trouver un plan B. Sébastien Baur a déjà une idée : « La blanche là-bas n’a aucun lien de parenté avec les autres. Si elle a un poulain, il pourra remplacer Pepito. » Mais il faudra patienter. Quatre ans. Le temps que le futur étalon soit agrémenté. Car, pour que ses futurs poulains aient de la valeur, leur géniteur doit avoir reçu le bon « schtampfel ». Alors, un mâle de 6 mois se négocie autour de 1 200 - 1 500 €, et une femelle du même âge autour de 1 500 - 2 000 €.
Rendez-vous le 29 juillet à Huttenheim
Pour mieux se faire connaître ainsi que sa race de prédilection, Sébastien Baur a inscrit une de ses juments à la commission de tri pour participer à la présentation de la race qui aura lieu au salon Equita’Lyon fin octobre. Il organise aussi un concours de modèles et allures le 29 juillet au plan d’eau de Huttenheim. Ses animaux et ceux d’autres éleveurs seront soumis à l’appréciation de Yohann Brisson, un juge venu des Deux Sèvres. Pour l’éleveur, ce concours constitue une étape importante puisqu’il doit permettre de qualifier certains de ses animaux pour participer au concours national de la race qui aura lieu fin août à Dampierre sur Boutonne, près d’Aulnay, en Charente-Maritime. « Il y aura aussi des ânes du Poitou », précise Sébastien Baur. Le concours aura lieu le matin, et la remise des prix l’après-midi. Il se greffe au marché aux puces de Huttenheim, qui sera ouvert au public de 9 h à 17 h. Buvette et petite restauration sur place.