Le Savoir Vert des Agriculteurs d’Alsace
Parler aux enfants comme des pros
Le Savoir Vert des Agriculteurs d’Alsace
Vie professionnelle
Publié le 14/01/2021
Pour les enfants, l’agribashing, ce mot de « grand », ça ne veut pas dire grand-chose. Quand on a cinq, six ou neuf ans, on a encore cette dose d’insouciance et de curiosité qui fait voir le monde avec plus de légèreté que les parents. La ferme, les animaux, les tracteurs, les jardins remplis de légumes ou les fraises à cueillir soi-même, c’est quand même vachement cool. Pour les agriculteurs, c’est un public idéal. Avec les bons mots, la bonne méthode, la bonne attitude, il est possible de les sensibiliser durablement pour, qu’une fois adultes, ils se souviennent d’où vient le contenu de leur assiette, qui l’a produit et comment. Mais comme avec les adultes, la communication positive avec les enfants, ça ne s’improvise pas. Il existe des méthodes, un vocabulaire, et autant de petits trucs qui permettent de capter l’attention et graver les messages. Et ça aussi, ça s’apprend. C’est ce qu’ont pu constater les participants à la première session de formation organisée par l’association Savoir Vert des Agriculteurs d’Alsace le 26 novembre à la ferme des Schalandos, à Hachimette. Une journée de « mise en pratique », coorganisée avec l’Ariena (Association régionale d’initiation à l’environnement et à la nature en Alsace), qui a clôturé neuf jours de formation.
? Dernier jour de formation pour notre première promotion de fermes pédagogiques ! ➡️ Mise en situation avec les...
Publiée par Le Savoir Vert des Agriculteurs d'Alsace sur Jeudi 26 novembre 2020
Apprendre les « clés » de la pédagogie
Il a fallu néanmoins adapter cette étape finale. « À la base, on devait accueillir une classe de primaire pour tester en conditions réelles les ateliers qu’on avait créés. Malheureusement, on a dû faire sans et composer autrement », explique Ange Loing, responsable de la ferme et président de l’association. Dans la mesure où cette formation avait été financée par Vivea, les participants ont tenu à aller au bout. Ils ont donc, tour à tour, pris le rôle des enfants au cours de cette mise en pratique. Une expérience très enrichissante qui a démontré la pertinence de professionnaliser l’accueil de scolaires dans une ferme. « On accueillait déjà des enfants avec les Jeunes Agriculteurs. Mais, avec cette formation, on a pu s’apercevoir que ce n’est pas quelque chose qu’on peut improviser. On connaît tous nos métiers. La pédagogie, un peu moins voire pas du tout. Et si le but c’est d’instruire correctement les enfants, il faut utiliser les bons outils », souligne Ange Loing. Dans des conditions normales, chaque visite est planifiée en amont avec l’instituteur ou l’institutrice ; l’idée étant que cela réponde aux attendus pédagogiques de fin de cycle. Et, comme en classe, il y a une méthode à appliquer avec des enfants pour qu’une information devienne une connaissance pérenne : la répétition. « C’est la base de toute éducation. En appliquant ce principe, on met davantage de chances de notre côté », fait remarquer Ange Loing.
Une diversification de plus
Marie Cazenave-Péré, de la ferme Lammert, à Ensisheim, confirme : malgré une expérience éprouvée avec les écoliers, elle constate que cette formation lui a apporté de nouvelles clés de compréhension. « Cela m’a forcée à m’intéresser à la problématique des programmes scolaires. Et puis on avait deux points de vue : ceux d’agriculteurs déjà rodés à l’accueil du public, et celui d’une personne qui a l’habitude d’accueillir des enfants dans un cadre plus ludique. » Pour capter leur attention, pas de miracle, mais du « bon sens » adapté à leurs âges : utiliser les sens, faire appel à l’imagination, l’émotion, le jeu, la construction… Ici, pas d’argumentaire rationnel et posé comme on le ferait devant un adulte ; pour communiquer positivement, il faut s’adapter à son public. Outre le fait de diffuser une meilleure image de l’agriculture, l’accueil des écoliers sous l’égide du réseau Savoir Vert représente une nouvelle possibilité de diversification pour l’exploitant. Contrairement à des portes ouvertes classiques, ces visites de fermes « professionnalisées » sont payantes, tout comme l’est finalement une sortie au théâtre ou au cinéma pour une classe. Reste maintenant à faire grandir et développer la branche alsacienne du réseau Savoir Vert. Une deuxième session de formation est prévue dans le courant de l’année 2021, voire au tout début si le recrutement en cours s’avère concluant.












