Fertilisation du blé
Toujours plus près des besoins
Fertilisation du blé
Technique
Publié le 03/07/2023
Les engrais azotés sont chers, et il est fort probable qu’ils le restent. Le Comptoir agricole a donc mis en place un essai, avec Arvalis - Institut du végétal, qui vise à identifier la ou plutôt les stratégies qui permettent d’atteindre la meilleure dose technico-économique d’azote, c’est-à-dire celle qui permet à la fois de limiter les charges et d’optimiser le rendement. La méthode de fractionnement classique (premier apport au tallage, deuxième apport au stade épi 1 cm et éventuel troisième apport) est questionnée, y compris sur la dose qui est apportée ou pas, à chaque stade. L’essai vise aussi à adapter ces pratiques à l’évolution du climat, c’est-à-dire à des printemps qui peuvent être plus secs, à des stades qui peuvent être atteints plus tôt. Par exemple, le stade épi 1 cm est, dans les esprits, corrélé au 15 mars. Mais, de plus en plus souvent, il est atteint plus tôt. Clément Weinsando, technicien au Comptoir agricole, encourage vivement les agriculteurs à effectuer un apport autour de cette date et quand une précipitation significative (15 mm dans les 15 jours qui suivent un apport) est annoncée. « L’azote doit être disponible quand les besoins de la plante augmentent, et c’est à ce moment-là qu’ils sont les plus élevés », justifie-t-il.
Autre élément à prendre en compte : l’exploration racinaire et la valorisation des reliquats azotés. « Ces derniers sont souvent estimés sur les deux premiers horizons, alors que les blés sont capables d’explorer l’horizon sous-jacent lorsque leur enracinement est maximum, c’est-à-dire autour de la floraison. À condition qu’ils aient évolué dans un contexte favorable à leur enracinement. Si ce n’est pas le cas, par exemple lors d’un printemps sec, le développement racinaire, et par conséquent l’exploration du troisième horizon, sont perturbés », décrit Clément Weinsando. Conséquence : une moindre absorption d’eau, d’éléments minéraux…
Réduire les doses, oui mais comment ?
Dans cet essai, réalisé avec la variété Arcachon semée le 30 octobre à une densité de 400 grains/m2, et avec un objectif de rendement de 90 q/ha, la dose de référence calculée par la méthode du bilan, est de 155 unités/ha. Une dose modérée donc, qui s’explique par des reliquats élevés, indique Clément Weinsando, qui précise aussi que tous les apports d’azote ont été valorisés par une pluie, « ce qui n’est pas toujours le cas ! » Le témoin, qui n’a pas reçu d’azote minéral et n’a donc comme fourniture azotée que les reliquats, présentait le 20 juin, une densité de 700 épis par mètre carré. La modalité dite classique consiste à apporter 40 unités au tallage, 75 au deuxième apport (situé autour du stade épi 2 cm, fin mars, pour des raisons inhérentes au caractère expérimental de l’essai), et 40 unités au troisième apport. La stratégie de réduction de charge a consisté à tester l’apport d’une dose réduite de 40 unités (soit 115 unités) selon différentes modalités : en effectuant l’impasse sur les 40 unités au tallage et en apportant le reste normalement, en effectuant une impasse de 40 unités en fin de cycle, ou en réduisant un peu chaque apport (de 13 unités) pour atteindre une réduction totale de 40 unités. « Il est important de garder à l’esprit que le coefficient d’utilisation de l’azote augmente progressivement jusqu’à la floraison, stade où l’azote est le mieux utilisé, à condition d’avoir de l’eau », souligne Clément Weinsando. Intuitivement, il semble donc plus intéressant d’augmenter la dose au deuxième qu’au premier apport.
L’essai comprend aussi une stratégie d’adaptation aux printemps secs. Elle consiste à fractionner la dose totale en deux apports à peu près équivalents. Dans la modalité CHN, où la dose et la période d’apport sont déclenchées par un modèle qui intègre les besoins de la plante et la disponibilité des éléments, trois apports de 30 unités ont été effectués. Une autre modalité a consisté à apporter 50 unités chaque fois qu’une pluie significative était annoncée jusqu’à atteindre 155 unités. Enfin, la dose totale a été apportée avant le 15 mars, en effectuant deux apports à quinze jours d’intervalle. Verdict dans quelques semaines !












